Si l’internet ne marche pas, ça m’énerve mais mon directeur de mémoire est content

Avant avoir réussi partir de la ville de São Gabriel da Cachoeira à l’école indigène Baniwa Coripaco Pamaali, j’ai écrit quelques mails à mon cher directeur de mémoire, M. Tristan Mattelart. Je l’ai raconté un peu sur mes difficultés pour utiliser l’internet même étant toujours en ville (la connexion au Nord du Brésil est très très mauvaise) et pour monter la rivière pour arriver à l’école. Il est arrivé un moment où j’ai même cogité la possibilité de ne pas réussir à y aller et devoir faire une recherche sur les télécentres GESAC en ville même.

« Quelles aventures! Si vous n’arrivez pas à aller à l’école Pamaali, il faudra en effet vous résoudre à étudier le télécentre Gesac à Sao Gabriel. Vos premiers contacts montrent qu’il y a un gouffre entre les discours enchantés sur internet et la réalité! » et « Vous pourrez introduire votre mémoire par un récit de vos mésaventures! (On est loin du blabla sur le cyberespace!) » ont été ses réponses.

Pendant tout le temps que j’ai passé à Pamaali, ça ma énervé que l’internet marchait très très mal. J’aurais du être contente car après deux semaines ça ne marchait plus de tout et ça m’énervait plus encore de ne pas pouvoir mettre a jour le blog ou donner des nouvelles à ma famille. Au même temps, ces deux commentaires de mon directeur me consolaient. « Il va adorer savoir que l’internet ne marche pas », c’est tout ce que j’arrivais à penser. Ça change tout, mais ça me donne un très bon mémoire.

Aujourd’hui, je l’ai envoyé un mail avec les premières nouvelles depuis le 29 avril et je voulais les partager avec vous pour que vous ayez vous aussi des neuves en Français sur mon aventure en Amazonie. Le voilà :

« Voilà que je suis finalement de retour de l’Amazonie ! ça fait une semaine que je suis à Brasilia, je suis sur le mémoire, mais j’avance doucement car je ne me sens pas très bien depuis la deuxième semaine de ce mois. Je n’ai pas très bien mangé pendant mon séjour à l’école et je souffre les conséquences jusqu’à maintenant (migraine, par exemple). J’ai fait une batterie d’examens pour être sûre ne pas avoir rien attrapé là-bas, mais les résultats ne seront prêts que la semaine prochaine.

Sur l’internet à Pamaali : ça ne marche pas ! J’ai réussi à me connecter quelques fois mais ça prend un temps énorme pour ouvrir quoi que ce soit. L’internet ne marche que la journée et le générateur d’énergie que le soir, alors c’est impossible d’avoir assez de batterie sur l’ordinateur pour faire des taches un peu plus longues online. Je fais une description des conditions de fonctionnement de l’internet là-bas dans ce post sur mon blog : Internet: entre a utopia democratizadora e o choque da realidade. J’espère que vous arrivez à comprendre malgré que ça soit en Portugais.

La connexion a plus ou moins marché pendant 2 semaines et puis ça s’est interrompue pour de bon. J’en parle ici : Isn’t it ironic?

Ce que j’ai découvert à Pamaali c’est que l’internet est très peu utilisé, même quand ça marche. Sauf un ou deux professeurs, ils ne sont pas vraiment intégrés dans une culture internet. De toutes les 60 personnes environ que j’ai interviewé, seulement une a su me dire le nom d’un site qu’il utilise. La plupart de ceux que se servent de l’internet ne connaissent que le mail et le Google. C’est pour ça qu’ils parlent autant de « recherche », quoi qu’il veulent sur internet, il vont toujours sur Google, c’est pour ça qu’ils disent que se servent de l’internet pour faire des recherches. D’autres personnes connaissent aussi skype et les réseaux sociaux mais c’est impossible de les utiliser fréquemment à l’école. Ceux qui connaissent un peu plus l’internet c’est parce qu’ils en ont accès à São Gabriel da Cachoeira.

Vu les conditions de fonctionnement, c’est très rare que les élèves se connectent et la plupart entre eux ne connaissent quasiment rien sur ce monde. Pour cette raison, le questionnaire que j’avais élaboré d’avance ne s’appliquait pas à eux. J’ai du en faire un autre. J’ai pu utilisé le questionnaire originel avec les professeurs, qui se servent plus de l’internet, mais aussi de manière très limité. Pendant ce mois que j’ai passé là-bas, l’internet a très peu servi directement pour l’enseignement à l’école. Les professeurs s’en servent pour chercher des informations en plus pour élaborer ses cours ou développer des activités, comme la pisciculture, mais n’utilisent pas l’internet en cours. Même les cours d’informatique et internet se font en théorie, sans l’ordinateur.

Pour cette raison, je crois que je dois changer toute la troisième partie de mon mémoire. Cette partie était centrée sur éducations scolaire indigène et comment internet s’intègre dans la lute pour un enseignement différencié pour ces peuples. Maintenant je sais que l’internet, malgré ça présence à l’école depuis 2003 est sous-utilisé en ce que concerne le nombre de personnes que s’en servent vraiment aussi bien qu’en ses usages. Je crois que ce n’est plus pertinent de parler autant de l’éducation.

Cependant, je crois que c’est important de parler des moyens de communication en général dans la région, comme vous même m’avez déjà suggéré. Depuis quelques jours, je me suis rendue compte que pour la plus part des habitants des communautés Baniwa, ne pas avoir internet n’est même pas encore un souci. Ils souffrent plus du fait que toutes les communautés n’ont toujours pas un appareil de radiophonie, le système de communication le plus répandue à l’haut Rio Negro ; que se sont très peu les communautés qui disposent d’un téléphone publique (ses téléphones sont aussi par satellite et marchent très mal) ; que même en ville, à São Gabriel, le signal de téléphone portable n’est pas terrible.

J’ai très tôt réalisé que je ne peux pas me bloquer sur l’internet, que je dois parler de tous les processus communicationnels qui font partie de la vie ou qui manquent à ces personnes. Encore aujourd’hui la plupart de la communication est faite via radiophonie – pour ceux qui en ont accès – ou par des lettres, billets ou messages oraux envoyés par des voyageurs (la poste ne sert pas cette région). Même ici au Brésil les gens sont étonnés quand je raconte ça, on ne croit pas que ça puisse se passer comme ça à nos jours. Je pense que c’est une question très intéressant de en parler , de comment l’internet s’insère dans la vi des gens qui ne connaissent même pas la poste ou le téléphone.

Je propose de dédier la troisième partie du mémoire pour parler de ça et je crois que ça va très bien avec votre suggestion de commencer mon mémoire pour raconter mes mésaventures. Le manque et la précarité des moyens de communication ont fortement contribué à mes infortunes. Je veux dire « l’internet ne marche pas, mais ce n’est pas le seul moyen de communication que laisse à désirer à province de São Gabriel da Cachoeira. »

Puis je veux parler de l’importance de la communication dans le mouvement indigène car les indigènes les plus familiarisés avec l’internet sont ceux qui percipient à des mouvements ou ceux de familles traditionnellement importants. Comme ça je peux analyser la relation entre internet (que maintenant s’est élargie à tous les moyens de communication) et pouvoir, tant à l’intérieur du monde indigène que à l’extérieur, dans leurs relations avec le monde blanc.

Depuis deux mois il y a tellement de choses à dire, à raconter. J’espère avoir réussi à être claire dans l’exposition de mes idées. »

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Sobre isisvalle

New media journalist, digital inclusion researcher and nutritionist to be.
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